La poli­tique du vent

Extrait d’un article sur les loca­tions immo­bi­lières par Isabelle Rey-Lefebvre.

Il suffit de surfer sur les sites de petites annonces immo­bi­lières comme Le Bon Coin ou PAP pour consta­ter que le mètre carré dépasse allè­gre­ment les 50 euros, souvent 60, voire atteint 100 euros. A ces tarifs, la renta­bi­lité loca­tive brute se situe, au mini­mum, entre 7 % et 10 %. Ce sont des chambres de bonne, des pièces à l’en­tre­sol, parfois des surfaces prises sur des couloirs de parties communes qui rendent service à des étudiants et des travailleurs précaires, garçons de café, aides-soignants, dont les horaires les contraignent à loger près de leur travail.

Pour tenter de calmer ces excès, Benoist Apparu, alors ministre du loge­ment du gouver­ne­ment Fillon, avait, à comp­ter du 1er janvier 2012, insti­tué une taxe sur les loyers exces­sifs (dépas­sant, en 2015, 41,61 euros mensuels par mètre carré) de ces micro­lo­ge­ments de moins de 14 mètres carrés, taxe dont le taux est progres­sif, de 10 % à 40 %, selon l’am­pleur du dépas­se­ment. Mais le ministre n’a prévu ni sanc­tion ni moyen de recou­vre­ment effi­cace. Elle n’a donc calmé aucun excès. En 2013, un seul proprié­taire l’a payée, faisant gagner, en tout et pour tout, à l’Etat, 1 325 euros.

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